Source : extrait du site Internet de la Société Francophone du Diabète
Quel est le sur-risque lié au diabète pour COVID-19 ?
COVID-19 est une maladie virale très contagieuse (une personne infectée peut contaminer au moins 2 à 3 personnes vs la grippe où c’est une personne), ce qui explique cette progression exponentielle actuelle.
Globalement, plus de 80% des formes sont peu ou modérément symptomatiques, notamment chez l’enfant qui peut être porteur sain et participer ainsi à la dissémination de la maladie – d’où la fermeture des écoles. Les formes graves représentent 15 à 20% de toutes les formes et dans 5% un séjour en réanimation est nécessaire avec un taux de survie situé alors à environ 50%.
Que dit l »étude chinoise ? Parmi les patients hospitalisés dans l’étude initiale chinoise, 48% présentaient une comorbidité et en particulier un diabète ou une maladie cardiovasculaire (MCV). Les patients ayant un diabète représentaient 10 à 20% des personnes hospitalisées, 22% de celles admises en réanimation et 31% des décès, en notant que 48% des personnes décédées avaient une HTA et 24% une MCV, mais il n’est pas possible de dire si ces facteurs étaient indépendants ou liés à l’âge. Globalement, le diabète était associé à un odds ratio de mortalité hospitalière de 2,85 (IC95% 1,35-6,05, p=0,0062).
Il faut noter que nous ne disposons pas d’études ayant regardé le type de diabète, l’âge des patients diabétiques concernés ni la présence de complications et un appel à publication sur le thème « Diabetes and COVID-19 » vient d’être lancé par le Journal of Diabetes pour préciser les données. Il faut également noter que les résultats sont difficiles à interpréter car ils dépendent des critères d’hospitalisation qui évoluent avec le temps, les formes modérées étant de moins en moins hospitalisées lorsque l’épidémie progresse.
Quelles sont les caractéristiques spécifiques de COVID-19 chez les personnes ayant un diabète ?
Les symptômes ne diffèrent pas en présence d’un diabète : toux, fièvre, courbatures, fatigue mais aussi parfois signes digestifs. En revanche, l’infection aura tendance à déséquilibrer le diabète (tout comme lors d’une grippe).
COVID-19 va ainsi très probablement induire un déséquilibre du diabète avec un risque important de décompensation cétosique, y compris potentiellement chez certains patients ayant un diagnostic de diabète de type 2. Il faut donc insister sur l’intérêt d’une surveillance attentive du diabète et, en cas de suspicion de COVID-19, au renforcement de celle-ci, à la surveillance attentive du glucose et de l’acétone et à la mise en route des mesures de correction.
Quelles sont les précautions à prendre contre le COVID-19 en cas de diabète ?
En plus des précautions données à l’ensemble de la population, pour le diabète il faut ajouter :
- Avoir le meilleur équilibre glycémique possible diminue probablement les difficultés de gestion du diabète au moment de l’épisode aigu.
- Avoir de quoi « tenir » 2 semaines pour le traitement (insuline notamment) mais aussi le matériel de traitement (aiguilles, cathéters et réservoirs ou pods, schéma de remplacement, piles), le matériel de surveillance (capteurs, bandelettes pour sucre et acétone, lecteur, piles et/ou chargeur), sucre, kit de Glucagen.
- Avoir du paracétamol en sachant que le traitement par paracétamol perturbe les résultats de mesure du glucose en continu avec les capteurs dont nous disposons actuellement en France – sauf avec le FreeStyle Libre dont les résultats peuvent en revanche être faussés par de hautes concentrations de vitamine C (il faut se méfier car certains en prennent à forte dose pendant cette période d’épidémie…)
- Renforcer le rythme de surveillance du diabète a fortiori en cas de symptômes
- S’assurer que la conduite à tenir est connue en cas de déséquilibre du diabète : recherche d’acétone, bolus de correction…
- Avoir tous les numéros d’urgences : 15, numéro du cabinet ou du service de diabétologie, numéros d’astreinte médicale et technique en cas de traitement par pompe.
- La téléconsultation peut être mise en place avec son équipe soignante.
10 messages clés « Diabète & Covid-19 »
Pour plus d’information : Site Internet de la Société Francophone du Diabète
#diabete #DT1 #DT2 #Covid19 #coronavirus
Qu’est ce que c’est la télémédecine ?
La télémédecine est une pratique médicale effectuée par un médecin à distance en utilisant les technologies de communication actuelles (liaison vidéo via Internet). Tout médecin, quelle que soit sa spécialité, peut désormais proposer à ses patients de réaliser une consultation à distance.
Depuis septembre 2018, l’Assurance Maladie rembourse les actes de la téléconsultation (mêmes tarifs qu’une consultation en face à face soit entre 23 € et 58,50 € selon la spécialité et le secteur d’exercice du médecin).
Dans un objectif de prise en charge de qualité, il est nécessaire que le médecin télé consultant connaisse le patient, ce qui implique que le patient ait eu au moins une consultation physique avec ce médecin (cabinet, domicile patient ou établissement de santé) au cours des 12 derniers mois précédant la téléconsultation.
[Actu Covid-19 – Décret du 9 mars 2020 valable jusqu’au 30 avril 2020] – Cette dernière condition est temporaire levée. En effet, face à l’épidémie de Covid-19 sur le territoire et dans le but de désengorger les hôpitaux, le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé un assouplissement des conditions pour avoir recours aux téléconsultations. Il est désormais possible de demander une téléconsultation avec un médecin qui n’est pas le médecin traitant et/ou sans avoir programmé une consultation physique avec lui dans les 12 mois précédents. A compter du 21 mars 2020, la téléconsultation est prise en charge à 100% pendant toute la durée de l’épidémie.
Comment se déroule une téléconsultation ?
Une téléconsultation se déroule comme une consultation en présentiel, en partant d’une demande de rendez-vous.
- En amont de la consultation, le médecin envoie un lien Internet à son patient, l’invitant à se connecter à l’heure prévue du rendez-vous à un site Internet ou une application sécurisée(e), depuis un ordinateur équipé d’une webcam et relié à Internet.
- A l’issue de la téléconsultation, le médecin peut établir, si nécessaire, une prescription (médicaments, examens complémentaires), qui sera transmise au patient sous format papier (voie postale), ou sous format électronique (via une messagerie sécurisée). Les soins prescrits à la suite de la téléconsultation sont pris en charge dans les conditions habituelles.
- A la fin de la téléconsultation, le médecin téléconsultant rédige un compte rendu archivé dans le Dossier Médical Partagé (DMP). Cette étape permet d’assurer un meilleur suivi du patient et de faciliter la prise en charge coordonnée de celui-ci entre professionnels de santé.
Point important : le médecin doit demander et recueillir le consentement préalable du patient avant de réaliser la téléconsultation.
Pour aller plus loin : Site AMELI
C’est quoi un carnet digital de surveillance ?
Digital & connecté !
Côté diabète, le carnet digital glycémique est l’outil de suivi quotidien pour la personne diabétique. On y trouve les glycémies, les doses d’insuline, les événements de la journée (repas, exercices physiques, maladies et prise de médicaments éventuelles, émotions, … ). Bref, tous les remarques et commentaires qui aident à une meilleure interprétation des glycémies. L’objectif étant d’apprendre et de comprendre de chaque expérience pour un meilleure équilibre glycémique, tout en vivant ses projets de vie.
Ce carnet digital peut être partageable avec son diabétologue et l’équipe soignante.
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- Aux patients une gamme de produits connectés
- Aux professionnels de santé, une plateforme de coordination sécurisée
Le bonheur n’est pas une destination. C’est un Chemin de Vie »
L’éducation thérapeutique du patient (ETP), c’est quoi ?
L’Education Thérapeutique du Patient (ETP) aide la personne vivant avec une maladie chronique (telle que le diabète) et sa famille à acquérir les compétences nécessaires pour gérer au mieux la maladie, et ainsi être le plus autonome au quotidien. Ces connaissances peuvent être pratiques (gestes techniques : injection d’insuline) et théoriques (apprendre à interpréter la glycémie pour adapter les doses en insuline, par exemple).
Basée sur une approche pluridisciplinaire avec l’intervention de plusieurs professionnels de santé (infirmières, diététiciennes, psychologues, …) elle est complémentaire au suivi avec le diabétologue. En France, l’ETP est inscrit dans le parcours de soin du patient (loi HPST – hôpital, patients, santé & territoires). Les études menées à ce sujet démontrent que les traitements contre la dysfonction érectile sont véritablement efficaces. Ils permettent à environ 80 % des patients de retrouver une fonction érectile suffisante pour l’accomplissement d’un rapport sexuel complet. Le médicament échoue chez les patients avec des dysfonctions graves (accidents, chirurgie, etc).
En pratique, l’ETP : comment ça marche ?
L’ETP est un programme éducatif personnalisé comprenant à la fois des séances individuelles avec un professionnel de santé et des séances collectives.
Dans un premier temps, un diagnostic éducatif est fait : les besoins et envies, les craintes, le quotidien du patient sont identifiés. Cet échange permet de mieux comprendre le patient. Les séances collectives sont quant à elles des moments d’échanges et de partages de retours d’expériences avec ses pairs.
Des bénéfices multiples
- D’ une part, pour la personne vivant avec une maladie chronique : ce parcours de soin l’aide à mieux se connaître, à mieux comprendre sa maladie et sa gestion, à acquérir de la confiance en Soi, pour être l’acteur de sa Vie.
- D’autre part, les professionnels de santé apprennent des savoirs des patients, savoirs construits sur leurs expériences personnelles de vie avec la maladie. Ils peuvent ainsi les intégrer dans leur organisation de soin.
Des projets d’ETP dès le plus jeune âge …
Comment accompagner au mieux les enfants & adolescents ? Les outils numériques, telles que les applications, sont des aides précieuses : ludiques et pédagogiques, elles facilitent l’apprentissage de l’autonomie dans la gestion du diabète. Un exemple au Service diabétologie pédiatrique de l’Hôpital Femme Mère Enfant (HFME)